Pourquoi ? Sur quoi ? Pour qui communiquer aujourd’hui ?
(voir le précédent épisode: « Décoder avant de communiquer » du 6/07/11)
Quatrième pas à franchir : Réduire la distance.
Certes chaque professionnel redoute et à juste titre le côté « viral » du web, qui met en péril à tout moment l’image de l’entreprise : un clic et le monde entier est informé, ce qui est fort regrettable si la victime c’est vous.
Et bien qu’il se rassure (ou presque : car laissons les phénomènes du type événementiel qui ne sont pas notre propos ici. Nous nous intéressons seulement aux opinions de Madame et Monsieur Toutlemonde, qui réagissent sur divers sujets qui les touchent dans leur vie quotidienne, soit plus ou moins 80% du Web quand même !) .
Il y a une contradiction forte qui tient de la complexité : plus la possibilité est ouverte de communiquer globalement, plus le message a tendance à se diluer.
Au contraire, plus les messages touchent les publics dans leur proche périmètre, plus ils ont de force.
On trouvera par conséquent des différences notables dans chaque langue, dans chaque pays, dans chaque région, dans chaque « association de pensée »… et c’est là qu’une vue à la fois globale et analytique devient incontournable.
Cela veut dire que plus l’entreprise ou l’institution veut influencer ses publics, plus elle aura intérêt à privilégier une communication de l’hétérogénéité, avec des actions ciblées et marquées au niveau de ceux qu’elle aura identifiés auparavant comme les véritables influenceurs, c’est-à-dire ceux qui pèsent sur l’opinion à ce moment là, sur un sujet donné.
Ces « influenceurs » ne seront peut être pas les mêmes sur un autre thème car en plus du principe d’hétérogéïté des sources de discussions, il faut compter avec le fait que, quoi que l’on parle de communautarisme sur le web, sur un thème donné, il n’y a pas de réseau organisé. Une idée en appelle une autre, crée du lien, d’amplifie, etc. mais non de manière structurée.
C’est là que le métier devient passionnant et créatif. C’est là qu’il est utile de tenter de nouvelles stratégies de communication en quittant la routine des éternelles stratégies ‘prescripteurs’ qui ne tiennent que par la force de l’habitude.
« L’expert » d’hier (le journaliste, l’analyste, l’avocat, le penseur libre, etc.) a perdu de son poids au bénéfice de multi-influenceurs éphémères mais puissants sur le moment. Vous noterez ici que nous sommes loin des stratégies ‘bloggeurs’ qui ne reflètent qu’une veine tentative de maintenir en fait, un mode opératoire dépassé ou presque. Ecoutez-les ces blogueurs entre les lignes : c’est édifiant !
Ref. Influence-moi si tu peux : http://www.dailymotion.com/video/xcrzsn_influence-moi-si-tu-peux_news
Passionnant le métier de communicant à l’avenir : il devra se situer à mi chemin entre expert et stratège, sociologue et animateur, pour comprendre ce qui fait bouger les différents publics, le moteur de leurs choix et de leurs décisions mais aussi, les multi vies et multi identités qu’ils se créent.
Une interview qui ne trompe pas sur le sujet et qui montre que l’infuenceur peut désormais être vous, moi…, et donner à de nouveaux modèles économiques de l’information : Alexandre Malsch, Directeur Général d’Eeple – Melty Network
http://frenchweb.fr/melty-network-media-web-jeunes-rupture